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jeudi, 22 septembre 2005
Désentubage en vidéo-projection
Le télextincteur de poche
enfin disponible !
Il y a déjà plus de trente ans, avec l’an 01, Gébé nous incitait à jeter nos télévisions par la fenêtre, à l’é- poque où il n’y avait encore aucu- ne chaîne privée en France, à l’é- poque où la téléréalité n’était même pas imaginable, à l’époque où Char- lie Hebdo dérangeait réellement les tenants de l’ordre capitaliste établi. Depuis, les chaînes privées se sont multipliées de façon exponentielle, l’ internet règne en intermaître abso- lu, Philippe Val a recyclé Charlie, mais certains écrans de cinéma demeurent résistants. Résis- tants à l’occupation de la pensée unique. À partir du mercredi 21 septembre, l’Autre cinéma organise un Tir Nourri sur la Télé (TNT) à Bayonne.
Les temps ont changé, tout de même. Désormais, il n’est plus question de se débarrasser des postes de télévision de façon provocatrice en les détruisant à coups de masse, par exemple, et ce n’est pas seulement une question de mode. L’idée pa- raîtrait aujourd’hui inconcevable. Oui, casser un poste de télé- vision, ça ne fait plus sourire personne… limite si la simple formulation de cette proposition ne me ferait pas encourir le bagne ou le bannissement. Bref, on a beau avoir un esprit cri- tique, s’évertuer à analyser toutes les ficelles de la manipu- lation, de l’entubage médiatique, pour les dénouer, pour éviter l’étranglement de la pensée, c’est le sentiment d’impuissance qui reprendra chaque fois le dessus et émoussera, malheureu- sement, très vite nos velléités de résistance. Bien sûr, certains irréductibles sommes toujours convaincus de la nécessité de saboter cet outil majeur de l’adversaire qu’est la télévision et nous ne sommes pas prêts de renoncer.
Mais comment ? Comment saboter sans encourir la lapidation sociale et politique (voire culturelle) ? Je ne sais plus qui di- sait qu’il y faudrait de l’humour et une rigueur certaine de la pensée (Bourdieu peut-être, je sais plus), mais il a plus que jamais raison. La rigueur, l’analyse, les résistants se sont dotés depuis quelque temps déjà d’instruments efficaces, depuis Acrimed, jusqu’à Zaléa, en passant par PLPL, CQFD ou Rézo.net. Mais l’humour ? Cet humour qui produit tant d’énergie en réinventant cha- que jour une combativité ressour- cée, cet humour qu’on aurait cru disparu, définitivement recyclé avec Charlie et les Guignols, eh bien, il ressurgit (je l’avais juste perdu de vue pendant quelques années de désillusions forcées), ouf, dans le dernier sujet traité par le Désentubages Cathodiques que j’ai revu hier, en version augmentée. Le titre générique de cette série de documentaires résistants n’est pas du tout usurpé, je tiens à en témoigner ici. Zaléa Tv c’est de la dynamite ! Boum, ça va zapper en noir sur Bayonne. Tous à vos «tivibigoneurs*» !
* cliquez sur l'affiche explosive et commandez votre "tivibigo- neur" (télextincteur) auprès de : Zaléa Tv - BP 50 - 75921 Paris cedex
18:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1)
C'est la fête à Bayonne nord :
Agur, Adishatz, Azul, Salut, Hallo,
Iep, Salaman aleikoum, Hola, Bom
dia, Hello, Diama, N'Guène,
Shalom...
Habitantes et habitants des quartiers Saint Bernard, Saint Esprit, Sainte Croix, Saint Etienne, Saint Frédéric, nous avons pris l'habitude de nous réunir chaque automne. Retrouvons- nous autour de nos diversités pour profiter d'un Festival haut en couleurs, en sons, en goûts. Tombons les vestes grises du quotidien pour nous rencontrer, échanger et partager avec pour seuls soucis la convivialité et la bonne humeur ! Toutes et tous bénévoles, avec le concours d'associations et le soutien de par- tenaires institutionnels, nous avons concocté un menu pour tous les goûts qui peuvent se marier à merveille. N'oubliez pas de venir y ajouter votre note épicée, et la fête n'en sera que plus savoureuse.
Aupa Festival Baiona !
00:05 Publié dans copinage | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 21 septembre 2005
Umberto D. à l'Autre cinéma
Plus que quatre séances de programmées pour voir à l’Autre cinéma l’inoubliable chef d’œuvre de Vittorio de Sica, tari-tara, Umberto D. Taritari-tara, éteignez votre ordinateur et courrez donc jusqu’au 3, quai de l’Amiral Sala à Bayonne afin de retirer vos billets pour demain à 15 h 15, tari-tara, ou pour vendredi à 18 h 45, tari-tara, ou dimanche à 17 h, ou alors, taritari- taritari-taratata, dernier carat, lundi à 18 h 45. Tari-tara, qu’on se le dise !
Voilà presque un an maintenant que l’ouverture de deux salles supplémentaires sur les bords de l’Adour aura permis à mon directeur de cinéma préféré de programmer un cycle perma- nent de films «rétro» d’exception tout ce qu’il y a de plus cul- turelle. Il m’a ainsi permis de découvrir ou redécouvrir des dizaines de films plus mythiques et magiques les uns que les autres ; j’en cite juste quelques uns en vrac, je n’ai pas la mé- moire des titres, désolé : Seuls sont les indomptés, La horde sauvage, La (si jolie) fille à la valise, Un tramway nommé désir, et tout plein d’et caetera en version originale, of course... J’aurais trois bras que je m’en ferais pousser un quatrième pour applaudir plus fort encore à son heureuse initiative. Mais force est de constater que le public enthousiaste qui a répondu durant ces derniers mois à cette unique invitation cinéphilique sur la Côte basque ou le sud des Landes n’aura jamais dépassé les deux cent spectateurs (souvent moins) par film sur une pro- grammation moyenne de dix séances. Sans me désespérer tout à fait, je dois avouer que cette triste comptabilité me désole chaque fois davantage car, malgré l’efficience avérée du bou- che à oreille, les esgourdes réceptacles de bonnes paroles sem- blent souffrir d’occlusion en ces temps de multiplication expo- nentielle de la proposition en nombre de salles de cinéma au mètre carré. En clair ça me fout les boules de devoir regretter, à la fin de chaque gazette mensuelle, que, une fois de plus, le public soit passé à côté des plus beaux, des films essentiels de la sélection ramuntxesque. Alors là (ça sera aussi un test sur l’ «efficacité» de mes notes cinéphiliques), je me suis donc inter- dit de faire le moindre commentaire impressionniste à propos du néoréalisme italien, de la nostalgie d’une lutte des classes en noir et blanc sur fond d’infortune permanente, pas le moindre mot sur la beauté des images, la justesse des interprétations, ce petit bonhomme tout gris et sans illusion avec son chien sau- tillant d’amour animal pour l’humanité, Flik il cane, je ne conte- rai aucune bribe de ces pavés de bonnes intentions qui se jet- tent inexorablement dans la gueule de l’enfer économique, motus, et surtout pas ce plan inoubliable où… non, je ne dirai rien de la douceur qui habite le spectateur à la sortie de la salle Ezeiza quand il rencontre le sourire de Mahénina, de Bruno, de Muriel, de Borja ou d’Ann, depuis sa caisse, et répond en sou- riant au «c’était bien ?» esquissé par cette même curiosité qui anime ici, en ce lieu, tout un chacun pour le tout et le chacun. «Oui, c’était bien !»… Je n’écrirai pas un mot de plus sur Umberto D. Allez le voir, vite, tari-tara, passez de l’autre côté de l’écran qui cache la vraie vie, la vraie vie c’est du cinéma ! Tatata.
PS. Afin d’illustrer cette note un peu originalement j’ai choisi de publier ici un premier dessin de Maddi (que j’ai dû «tanner» durant des mois pour qu’elle accepte enfin de s’afficher sur mon si joli blog tout bleu) qui a tout autant pleuré (voire plus, c’est une fille, hein) que moi quand Flik il cane, en si gentil petit chien savant, s‘est mis à mendier pour Umberto son maitre… Non, ce n’est pas à cette scène que l’on pleure le plus q :o)
12:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1)


















